Les publications

Nous vous invitons à découvrir les deux ouvrages de Jean-Paul Fluteau :

Tout se joue avant la naissance

En s’appuyant sur sa longue expérience de psychothérapeute, Jean-Paul nous fait découvrir comment les conditions des premiers instants de la vie embryonnaire et les neuf mois qui suivent, peuvent influencer le déroulement même de la naissance et de toute la vie future.
 
À partir de nombreux exemples, il nous montre comment les futures mères, bien qu’elles ne puissent contrôler les événements et aléas de leur vie quotidienne lors de leur grossesse – susceptibles de générer des émotions douloureuses qui peuvent imprégner leur bébé – ont toutefois cette extraordinaire possibilité d’enrayer ces empreintes
négatives en parlant à leur bébé tout au long de leur grossesse.

S’adressant à tous – mère en devenir ou déjà mère, compagnons et pères à leurs côtés, personne en recherche personnelle s’interrogeant sur son passé, praticiens de la relation d’aide et thérapeutes - cet ouvrage pratique et accessible donne les clés pour offrir au bébé une vie utérine épanouie, et la possibilité de faire naître une nouvelle humanité.

Tout se joue avant la naissance

Des vies utérines gémellaires silencieusement et mystérieusement interrompues

Parmi les personnes que j’accompagne, beaucoup d’entre elles, qui viennent pour des difficultés liées à la culpabilité, à une quête sans fin de l’« âme sœur », à la perte répétitive de partenaires ou d’amis, retrouvent, en état de relaxation, au cours des tout débuts de leur vie intra-utérine, la présence d’un embryon jumeau qui meurt naturellement, se décroche et disparaît. Ceci se produit très souvent avant même que la mère ait conscience qu’elle est enceinte. Et dans la plupart des cas, les faibles saignements qui accompagnent cet avortement spontané d’un des fœtus jumeaux passent totalement inaperçus à l’attention de la mère. Au vu de l’intensité émotionnelle qui se manifeste chez ces personnes en état de relaxation (pleurs, sanglots, culpabilité, angoisse d’abandon), de tels vécus intra-utérins de mort spontanée d’un fœtus jumeau peuvent manifestement être extrêmement marquants, douloureux et déterminants pour la vie future du fœtus survivant.  Et pourtant, cela se joue souvent au cours des trois premières semaines de vie intra-utérine ! Lorsque les personnes retrouvent et revivent ce moment de départ d’un embryon jumeau, les descriptions et les vécus émotionnels sont souvent très semblables entre eux. L’exploration de David en est une bonne illustration.

David et ses angoisses de mort

David est âgé d’une vingtaine d’années, il entame sa deuxième année de médecine et vient me consulter pour des angoisses de mort et un état dépressif qui lui rendent très difficile la poursuite de ses études. Interrogé sur la période de l’apparition de ces manifestations d’angoisse et cet état dépressif, David m’informe qu’ils sont apparus il y a environ trois mois. Quand je lui demande ce qu’il vivait et faisait il y a trois mois, le seul point notable qu’il identifie, c’est qu’à cette période, ses cours à la fac de médecine portaient sur l’obstétrique et le développement fœtal. Bien décidé à dépasser cet état qui met en péril la réussite de son année d’études, au rendez-vous suivant, David s’engage dans un travail d’exploration avec l’état de conscience particulier induit par la relaxation. 

Voici la retranscription des principaux éléments de son exploration.

« Je me sens tout petit, minuscule… j’ai l’impression de flotter, je vois comme une voûte au-dessus de moi, c’est immense… mes mains ne sont pas encore formées… je suis dans le ventre de Maman, c’est doux, je me sens bien… je sens comme une présence… c’est comme une petite boule… je sens comme de la complicité, on joue ensemble… c’est un autre embryon… c’est comme un être plein d’amour… »

Puis…

« Tout s’assombrit… c’est froid… l’autre est devenu sombre et rabougri, sans vie… il est de plus en plus loin… il s’en va… il part… (larmes) je veux pas qu’il parte, je sais pas où il va… j’ai peur d’y aller aussi… (sanglots) je me sens tout seul… c’était une fille ! … c’est tout vide… je sais pas pourquoi elle est partie… elle aurait pas dû partir… c’est pas juste… »

Ensuite, accompagné jusqu’au moment de la naissance, celle-ci s’avère très difficile, car source d’une très forte peur de mourir, écrasement, asphyxie qui entrent probablement en écho avec la disparition du fœtus jumeau et le même chemin qu’il avait pris. Après coup, la prise de conscience de cette empreinte gémellaire traumatique a permis à David de donner un sens nouveau à d’autres domaines de sa vie. Il a ainsi perçu le lien entre cette empreinte et comment, à plusieurs reprises au cours de son enfance et de son adolescence, des relations amicales ou amoureuses, très fusionnelles, se sont interrompues par le départ brutal de « l’autre » aimé, par mort accidentelle pour l’un, par déménagement familial pour l’autre, par mort de maladie foudroyante pour un autre encore, par rupture amoureuse sans explications pour une dernière.

Je voudrais te donner un autre exemple, celui de Léopold.

Léopold et ses relations amoureuses

Léopold est un jeune homme d’une trentaine d’années, il me consulte, car à plusieurs reprises, il a été très amoureux de jeunes femmes avec lesquelles le même scénario s’est reproduit.

Léopold présente sa situation de la façon suivante :

« Dans un premier temps, la relation est très fusionnelle et passionnelle, puis, peu à peu, au fur et à mesure que des désaccords se font jour, j’ai l’impression que ma « moitié » s’éloigne et je n’arrive pas à m’expliquer avec elle, à communiquer, à me faire comprendre et à la retenir, j’ai l’impression qu’il y a un mur, une barrière qui se crée, je me sens impuissant et coupable de ne pas faire ce qu’il faut pour qu’elle reste à mes côtés. » 

En état de conscience de relaxation, Léopold se sent immédiatement à l’état de fœtus.

Voici son expérience avec ses mots :

« Y a pas de doigts encore… je suis dans une bulle, replié sur moi-même avec une grosse tête… je vois comme un œuf devant moi, un œuf avec le jaune sans sa coquille… je sais pas ce qu’il y a dedans, mais c’est un peu comme moi… c’est comme un jouet à côté de moi qui est chaud… c’est devant comme du coton… c’est comme un cocon… ça fait des câlins… ça communique… ça rigole… ça parle… ça chatouille et c’est relié ensemble… c’est comme deux dans une même grande bulle… comme si je la prends dans mes bras et qu’on fait un câlin… ça fait chaud au cœur… 

(Léopold dit ces mots avec une toute petite voix, douce, comme celle d’un petit enfant, puis il continue et se met à sangloter)

Là, maintenant, ça prend à la gorge… je le vois qui se ratatine sur lui-même à l’intérieur… il s’en va… je suis triste… ça fait froid… il est en train de partir… je voudrais le retenir… je me sens impuissant… je veux défaire la coquille, la bulle… je veux le prendre dans mes bras… le garder… mais je peux pas… (toujours en sanglots)

Je lui dis “on se retrouvera”… je le laisse partir… (gros sanglots) je me sens très triste… je me sens comme si ma moitié n’était pas là… comme si une partie de moi était morte et qu’il faudra que j’aille la chercher, la retrouver plus tard, après…

Je me dis aussi que j’ai peut-être trop pris, que je ne lui ai pas laissé assez… »

Le parallèle entre l’exposé fait par Léopold de ses vécus amoureux et la description qu’il donne de son revécu intra-utérin est tellement évident qu’un commentaire est quasiment inutile.  Je souhaite juste dire que la plupart du temps, la façon dont nous parlons de ce qui nous est difficile à vivre dans notre présent contient littéralement la description de ce qui nous a été traumatisant dans le passé.

Après ces exemples parlants, tu es probablement en train de t’exclamer :

« Oh là là ! C’est bien intéressant, mais alors, non seulement il faut que je sois attentive à mes émotions, mais si en plus il peut être traumatisé par le départ d’un fœtus jumeau alors que je saurai même pas encore que je suis enceinte, ça fait beaucoup ! »

Oui, en effet, en le regardant comme cela, ça peut paraître beaucoup.

Mais prends conscience, il ne peut pas y avoir d’inconvénients à être mieux informée. Ce que tu peux faire avec plus d’informations sera toujours mieux que si tu n’avais pas ces informations. Un proverbe populaire dit bien qu’une personne avertie en vaut deux ! Si tu n’avais pas ces informations, tu serais juste dans l’ignorance de leurs existences et l’ignorance des conséquences de certains de tes choix et de tes actes. Il s’agit donc de faire de ton mieux avec les informations dont tu disposes et les possibilités que tu as de les appliquer à ta situation. Nous nous rendons très souvent malheureux à vouloir être parfaits et faire parfait ! L’invitation ici, ce n’est pas en permanence d’être consciente de toutes tes émotions, mais quand, suite à des événements forts, tu t’aperçois des émotions fortes qui en découlent, alors il s’agit juste d’en expliquer leurs causes à ton bébé, quel que soit le moment de ta grossesse. Par ailleurs, je veux en profiter pour te préciser qu’à ma connaissance, il n’y a pas de causalité traumatique automatique et systématique par rapport aux événements que ton bébé peut vivre pendant que tu le portes.

Un philosophe grec nommé Épictète disait : 

« Ce ne sont pas les événements qui affectent l’homme, mais le sens qu’il leur donne. »

Eh bien, on peut appliquer cela à la lettre pour ton bébé en disant :

« Ce ne sont pas les événements qui affectent le fœtus, mais le sens qu’il leur donne » !

Le problème, ce n’est donc pas l’événement, mais la façon dont il est vécu, compris et interprété. On ne peut pas savoir à l’avance comment tel ou tel événement va être vécu par une personne et y compris ton bébé. On ne peut qu’essayer de créer les meilleures conditions pour qu’il soit le mieux compris, pour que le sens qu’il va prendre pour ton bébé ne soit pas douloureux. Pour cela, il est juste nécessaire de lui donner les bonnes informations, pour qu’il ait la bonne compréhension et que globalement il ne s’identifie pas à tes émotions et n’en « fasse pas une affaire personnelle » qui le conduise à « penser » :

« Je ne suis pas aimé, je dérange, c’est de ma faute. »

Tous les exemples que j’ai donnés sont des exemples qui s’appuient sur une observation a posteriori. Les personnes que j’accompagne partent des difficultés, des troubles, des symptômes auxquels elles sont confrontées, pour identifier leurs causes dans leur histoire de vie et elles arrivent souvent à des causes qui se situent au cours de la vie intra-utérine.

Par exemple, David, en partant de son angoisse de mort et de son état dépressif, a retrouvé le départ de son jumeau comme en en étant la cause. Mais cela ne veut pas dire que tous les bébés fœtus qui sont confrontés à un embryon jumeau qui meurt vont en être traumatisés ! Tous les bébés qui vont être attendus par leur maman ou leur papa comme enfant de l’autre sexe ne vont pas tous en être traumatisés ! Tous les bébés qui ont une maman qui est confrontée au décès de l’un de ses parents et qui en est très triste ne vont pas en être marqués et automatiquement perturbés dans leur vie future.

Mais on ne le sait pas à l’avance ! Alors, l’idée, c’est qu’il vaut mieux prévenir que guérir ! Il s’agit donc d’offrir un plus, par rapport à ce que tu pouvais être en mesure de faire à partir de tes connaissances jusque-là. Il ne s’agit pas d’être parfaite, puisqu’il semble bien que dans ce monde, cela ne puisse vraiment exister. Alors, quoi faire au sujet de ces débuts de vies gémellaires interrompues possibles ? Les recherches et observations semblent montrer qu’elles puissent représenter environ 20 % des grossesses ? (Comme l’affirme Claude Imbert, femme médecin qui a beaucoup travaillé et écrit sur cette question. Un seul être vous manque - Et si vous aviez perdu un jumeau ? aux éditions Visualisations holistiques). Ce qui est un taux de fréquence tout de même relativement élevé.

Deux psychothérapeutes allemands Alfred et Bettina Austermann, au cours de leurs accompagnements de personnes en psychothérapie ont eux aussi observé « combien de souffrances mal comprises et de crises de couples ont un lien avec un jumeau manquant ». Ils ont rassemblés leurs observations dans un ouvrage intitulé « Le syndrome du jumeau perdu » aux éditions Le Souffle d’Or. À part l’intuition, ce qui peut être un bon repère, mais qui n’est pas évident pour tous, ce sont des petits saignements que tu aurais pu observer quelque temps avant que tu découvres que tu es enceinte ou bien qui interviennent après. Dans ces cas-là, il peut être intéressant de parler au bébé qui est en toi en lui disant quelque chose comme cela :

« À toi que j’appelle Bébé, j’ai vu des saignements venir de mon ventre, de là où tu te trouves. Peut-être que jusque-là tu étais là dans mon ventre en compagnie d’un bébé jumeau, comme un autre toi-même et que te sentir avec lui était très doux et te remplissait de bien-être et de bonheur.  Ces saignements peuvent être le signe de son départ, le signe qu’il a choisi de prendre un autre chemin et d’arrêter là son expérience dans ce monde. Alors, peut-être tu t’es senti abandonné, triste, seul, froid ou en colère, peut-être que tu crois que c’est à cause de toi qu’il est parti. Alors, si c’est le cas, je veux te dire que je te sens, que je te vois avec mon cœur et qu’avec mon cœur je t’enveloppe de tout mon amour pour te tenir chaud, pour que tu saches que je t’aime pour ce que tu as choisi d’Être, pour que tu saches que si ce jumeau est parti, c’est son choix à lui, même si, nous, on ne sait pas pourquoi. Je veux te dire que je suis là, près de toi et que je t’offre avec Amour le nid de mon ventre pour que tu puisses grandir et devenir qui tu as choisi d’être, parce que tu as le droit de continuer de grandir, de devenir qui tu as choisi d’être et que je ferai pour le mieux de ce qui m’est possible pour t’aimer et t’accepter comme tu as choisi d’être. »

Voilà ce que tu peux lui dire, en te rappelant que ce ne sont pas les mots qu’il comprendra, mais l’énergie de tes pensées et de tes émotions auxquelles tes mots auront donné une forme compréhensible pour lui.

Au cœur des relations d'aide

Après "L’Enfant Gigogne" et son succès remporté, aussi bien auprès du grand public que des professionnels, Jean-Paul Fluteau s’adresse, avec ce nouvel ouvrage, exclusivement aux professionnels de la relation d’aide et de la psychothérapie. Il nous offre un véritable manuel didactique de référence qui alterne théorie, pratique, illustrations et vécus de terrains.

Grâce à sa connaissance détaillée de ces différents milieux professionnels, il propose :

- un diagnostic des pratiques et des mentalités qui les accompagnent. Les failles des pratiques courantes avec leurs lots de préjugés et d’idées reçues sont clairement mises en évidence.

- des techniques et des méthodologies rigoureuses adaptées aux réalités de terrains sont proposées avec les références théoriques et conceptuelles qui les étayent, ainsi que des modèles et des concepts originaux issus de ses propres recherches.

- des réponses concrètes à des questions pratiques :

Comment démarrer une prise en charge, une mesure, une intervention ?
Comment structurer et organiser les entretiens ?
Comment aller à l’essentiel sans être noyé par des détails inutiles ?
Comment passer du problème à la solution ?
Comment savoir jusqu’où aller ? la frontière entre un travail éducatif ou social et un travail thérapeutique ?
Comment gérer des mesures judiciaires ?
Comment intervenir dans les cas de suspicions d’enfants en danger ?
Comment répondre à des demandes d’aide financière ?
Comment travailler avec les parents d’enfants accueillis en institution ?
Comment mener des entretiens au domicile des personnes ?
Comment gérer l’agressivité des personnes ?
Comment gérer ses propres émotions face aux personnes ?
Comment se positionner par rapport à la confidentialité, au secret professionnel et aux obligations légales ?

Et plus encore... Des réponses à des questions qui ne se posent pas !

Au cœur des relations d'aide

Vouloir aider les personnes en difficulté constitue manifestement une valeur et un objectif moralement élevés, d’une grande noblesse et qui semble par ailleurs être une motivation fondamentalement indispensable pour s’engager dans ces différentes professions des secteurs éducatifs, sanitaires et sociaux. Cependant, les bonnes intentions, si elles sont nécessaires, sont-elles suffisantes ? Le monde du travail éducatif, sanitaire et social n’est-il pas, comme l’enfer, pavé de bonnes intentions ? Les moyens mis en oeuvre pour aider sont-ils adaptés, pertinents, efficaces, écologiques, génèrent-ils des effets iatrogènes, sont-ils à l’origine de problèmes supplémentaires aux problèmes initiaux des personnes ? Si l’on se réfère aux constats précédents – ne serait-ce que sur les capacités des professionnels à mettre en oeuvre des communications professionnelles saines – on est en droit de s’interroger. Au delà de ces premières interrogations, il me semble par ailleurs très important d’aller explorer tout ce qu’implique l’aide, tout ce qui en découle. Identifions les implications de la démarche d’aide.

Si l’on est amené à aider une personne, c’est que cette personne est confrontée à un problème, une difficulté, une limite.

Qui dit aide, dit donc problème.

Si l’on intervient à propos de ce problème ou de cette difficulté, c’est manifestement pour aider à sa résolution, et non pas pour « aider » à son aggravation !

Qui dit problème, dit donc résolution.

Donc, si l’on aide à propos de problèmes pour les résoudre, quelle réalité humaine cela concerne t-il ? À quelle réalité humaine se réfère-t-on implicitement et qui doit nécessairement exister pour que cette affirmation ait un sens, autrement dit quel est le présupposé contenu dans cette affirmation ? Comme bien souvent, lorsque la réponse est tellement simple et évidente, il est souvent difficile de la trouver.

Aider à propos de problèmes pour les résoudre, concerne :

la capacité de l’être humain à changer.

Changer sa façon de penser, de faire, de fonctionner, quelle que soit la nature du problème, cela concerne donc : le changement humain.

Une question fondamentale se pose alors : Quelles sont les conditions pour qu’un être humain change (sa façon de penser, de fonctionner, de faire) ?

Depuis que le travail éducatif, sanitaire et social s’est professionnalisé au lendemain de la seconde guerre mondiale, des milliers de professionnels sont sortis des écoles et instituts de formations avec le désir et l’objectif d’aider des personnes en difficulté, objectif qui, pour sa réalisation, est donc en lien avec les conditions requises pour qu’un être humain change.

Alors quand je pose, toujours à ces mêmes professionnels qui veulent aider, la question :

« Combien d’heures d’enseignement vous ont été proposées pour apprendre quelles sont les conditions pour qu’une personne change ? » (Ce qui semblerait logique quand on a pour objectif d’aider des personnes en difficulté !).

J’ai toujours la même réponse : « Aucun enseignement ne nous a été proposé à ce sujet. »

Comment se fait-il que la question des conditions requises pour qu’une personne change ne soit pas posée, ne soit pas travaillée de façon explicite au cours des formations initiales, alors que cet apprentissage apparaît manifestement aussi fondamental que l’est, pour un mécanicien, le fait de connaître le fonctionnement des moteurs sur lesquels il est amené à intervenir ? Qu’en serait-il de l’efficacité des mécaniciens s’ils n’avaient aucune connaissance du fonctionnement d’un moteur ? De fait, les différents travailleurs sociaux se retrouvent justement dans cette situation.

La relation d’aide exige la connaissance des conditions requises pour qu’une personne change ; les travailleurs sociaux veulent aider alors qu’ils n’ont pas de connaissances objectivées et explicitées sur cette question. Comment se fait-il donc que l’on ne se soit pas posé cette question dans le contexte des formations initiales ? Comme pour la question du travail d’apprentissage de la communication qui n’est pas proposé parce que l’on considère implicitement que les personnes qui s’engagent dans les formations initiales savent communiquer, il me semble que si l’on ne se pose pas la question de savoir quelles sont les conditions nécessaires pour qu’une personne change, c’est que la réponse paraît implicitement évidente à la majorité des acteurs concernés. Cette réponse implicite, aux conséquences énormes sur le terrain, est :

« Il suffit qu’un professionnel compétent le veuille et le décide, pour qu’une personne change. »

Toutes les pratiques sur le terrain sont induites par cette référence implicite, toutes les orientations et les demandes politiques, administratives, exercées sur les travailleurs sociaux, reposent et sont influencées par cette référence. Cette référence implicite n’a bien sûr de sens et d’influence que si elle reste à l’état implicite car son explicitation révèle automatiquement son aberration, son caractère erroné, même au regard du néophyte, pour peu qu’il ait un peu de bon sens !

Que les travailleurs sociaux mettent en oeuvre des moyens pour faire changer des personnes qui, très souvent ne leur ont, à aucun moment, demandé de l’aide et qui n’ont même pas conscience de l’intérêt pour elles-mêmes de changer leur façon de vivre ou de faire, est bien la résultante de cette référence implicite.

Que des élus attendent des travailleurs sociaux qu’ils interviennent et qu’ils leurs demandent d’intervenir auprès de personnes qui n’ont rien demandé, en attendant de ces interventions des changements chez ces personnes, est bien la résultante de cette référence implicite.

Que les travailleurs sociaux ne se positionnent pas en expliquant aux autorités qu’ils n’ont pas le pouvoir de faire changer les personnes malgré elles, si elles ne réclament pas une aide, est bien la résultante de cette référence implicite.

Que les travailleurs sociaux n’expliquent pas aux autorités que, lorsque les personnes ne veulent pas de leurs interventions et qu’elles ne transgressent pas par ailleurs la loi, ils ne peuvent rien faire d’autre que de proposer leur aide et ne peuvent rien faire de plus, si les personnes persistent à ne pas en vouloir, met bien encore en évidence la présence de cette référence implicite chez tous ces acteurs des secteurs éducatifs, sanitaires et sociaux.

S’il me semble logique que les non professionnels, élus, administratifs, médias, etc. fonctionnent avec une vision erronée des conditions requises pour qu’une personne change, (ce ne sont pas eux les spécialistes !), il me semble très problématique que les professionnels fonctionnent avec cette même référence béotienne, erronée et se laissent dicter leurs orientations techniques et méthodologiques par des non professionnels de leur discipline, les élus et administratifs qui n’ont de légitimité que sur le plan de la détermination des objectifs, des orientations, mais pas sur le plan des moyens techniques et méthodologiques à mettre en oeuvre. Ce point pose la question fondamentale de l’autonomie technique des travailleurs sociaux qui est un élément fondamental de leurs codes déontologiques professionnels, codes déontologiques qui semblent être de moins en moins présents à leur conscience !

L'enfant gigogne

Qui un jour, sous l’emprise d’une réaction incontrôlée ou d’une émotion envahissante ne s’est pas exclamé :

« C’est plus fort que moi, j’peux pas m’en empêcher » !

Jean-Paul Fluteau apporte, avec des mots simples, un éclairage original sur les maux personnels et relationnels de la vie quotidienne : phobies, dépressions, boulimies, traumatismes et troubles sexuels, maladies et accidents, vie familiale, vie de couple …

A l’aide d’exemples vivants, il nous explique:

Comment ces difficultés peuvent être regardées, non pas comme la marque de la fatalité et de l’impuissance, mais comme des panneaux indicateurs nous invitant à la plus belle rencontre qui soit : la rencontre avec nos « enfants gigognes » intérieurs,
Comment les expériences traumatisantes de l’enfance se pétrifient dans la mémoire et créent ainsi une sorte d’enfant « fantôme » intérieur : « l’enfant gigogne »,
Comment ces « enfants gigognes » emprisonnés appellent à l’aide et font irruption dans notre vie quotidienne avec ces envahissements émotionnels et tous ces maux,
Comment mettre en paix ces « enfants gigognes » en souffrance « Pour Nous Libérer »

Voilà la fabuleuse aventure intérieure qui nous est proposée dans cet ouvrage pour aller à la rencontre de « l’enfant gigogne » !

L'enfant gigogne

Au-delà, de la nature même des situations vécues par chacun de nous, j’ai pu observer que c’est surtout le regard que nous portons sur les « choses » qui est à l’origine de nos plus grandes souffrances. Les conditionnements éducatifs culturels et médiatiques nous forgent des visions du monde et de nous-même handicapantes.

Imaginez que, depuis votre plus petite enfance, vous ayez appris que respirer est mal et honteux et que vous ayez même été puni de le faire, dans quels conflits intérieurs seriez-vous maintenant, pris entre votre besoin naturel vital et cet interdit éducatif arbitraire et paradoxal ? Ne retrouve t-on pas la folie de cet exemple fictif dans de nombreux contextes bien réels de notre vie ? Cette folie n’existe-t-elle pas dans le regard que nous avons appris à poser sur nos émotions ? (il faut les taire et les contrôler) sur l’émotion de colère en particulier (la ressentir c’est être mauvais ou méchant) sur la sexualité (c’est sale et honteux).

J’ai rencontré tellement de personnes qui souffraient du fait d’être persuadées de ne pas être normales, d’être malades, en ressentant des émotions incompréhensibles et soudaines bien plus qu’elles ne souffraient du fait de l’expérience même de l’émotion ressentie.

Par ailleurs notre culture nous a appris à regarder tout ce qui en apparence est dérangeant et désagréable, comme nocif et nuisible et à éliminer au plus vite. Ainsi avons-nous procédé, au cours du siècle dernier, avec les espèces végétales et animales dites «nuisibles» pour nous apercevoir, après leur élimination, de leur rôle subtil et déterminant dans l’équilibre écologique naturel. Ainsi continuons-nous de procéder, à d’autres niveaux, avec les «troubles de santé», les «maladies mentales», les «troubles du comportement», «les difficultés relationnelles», «les problèmes» chez l’enfant, «les émotions parasitantes», que nous considérons a priori comme des handicaps dont il faut au plus vite se débarrasser.

Nos formations

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    Thérapie Brève Enfant Gigogne ®
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    P.N.L appliquée à la Psychothérapie
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